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Le PNRQAD sacrifie nos espaces verts publics

Nous relayons et apportons tout notre soutien à la lettre ouverte des associations de riverains AREVAB et BAGNOLET MONTREUIL ESSOR PARISIEN. Les espaces verts publics de proximité et installés au coeur même de nos quartiers sont essentiels. Ils participent non seulement à la qualité de vie, mais surtout, ils permettent de créer des lieux de rencontres et d’échanges inestimables… ce liant si important pour se sentir bien dans son environnement.
Nous le constatons avec le Jardin Ephémère qui devra, à terme, disparaitre pour laisser la place au projet immobilier VILOGIA. Cet espace est un lieu de vie et de respiration qui a pris toute sa place au coeur de notre quartier. Un quartier avec beaucoup de familles et une grande mixité. On ne décrète pas l’instauration d’un lien dans une zone urbaine, il faut en créer les conditions et s’appuyer sur la volonté et la richesse humaine pour que ce petit miracle se produise.
Cela est le cas sur le Jardin Ephémère. Nous sommes inquiets car le projet du PNRQAD, que l’on nous a pourtant vendu comme une aubaine car totalement financé par l’argent public (ce qui devait laisser les « coudées larges » et une grande autonomie de décision), n’a eu aucune ambition en terme de jardins ou d’équipement publics, et ce n’est pas une crèche privée de quelques berceaux bien plus coûteux que la Crêche Croix Rouge qui fera la blague.
A l’heure où les questions d’écologie et de réflexion sur la vision ‘du commun » dans nos villes bat son plein, nous déplorons ce manque d’ambition et espérons que le projet saura trouver des solutions pour pousser les « murs » et proposer d’étendre significativement ces espaces publics.
Rien n’est signé à ce stade avec les aménageurs.
Un petit effort pour le bien collectif serait plus que nécessaire.

C’est ce que nous allons exprimer ce soir au Conseil de Quartier qui se tiendra à 19h30 Salle des Coutures, rue Jules Ferry.

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le PNRQAD de Bagnolet ou le sacrifice des espaces verts publics.

Une enquête publique concernant deux lots du PNRQAD de Bagnolet s’est tenue courant novembre et un commissaire donnera un avis consultatif d’ici peu. Nous aurions pu remettre le contenu de cette tribune dans le cahier des doléances mais l’enquête ne concernait que les lots « Ferry » et « Robespierre ». Or, nous, habitants des Coutures, avons une ambition et des attentes qui concernent le quartier dans son ensemble. Plus précisément, dans le cas présent, la question, si importante, des espaces verts communs et publics. Nous apprécions les initiatives en faveur de la rénovation de nos territoires, mais cela ne doit pas se faire au détriment des espaces communs qui œuvrent pour une mixité vivante et un lien social essentiel.

Cette lettre ouverte est donc un appel adressé aux responsables politiques de la Ville, aux institutions et acteurs décisionnaires sur les enjeux urbanistiques de notre ville.

Pour rappel, la réunion publique du 4 octobre dernier a été plutôt houleuse, et à juste titre, car au delà du projet global PNRQAD et des bénéfices appréciés d’une rénovation de notre quartier, un écueil majeur est apparu : nos espaces verts communs ont été, au fur et à mesure de l’évolution du projet PNRQAD, réduits à la portion congrue. Nous avons été nombreux à le relever et les arguments qui nous ont été adressés ne nous ont pas convaincus.

Ci-dessous notre contribution, concernant les trois lots inscrits dans le PNRQAD, (ETIENNE MARCEL, ROBESPIERRE et FERRY) accompagnés, en conclusion, de nos attentes avec une approche plus globale et à l’échelle du quartier.

> LOT ROBESPIERRE : le square public pressenti en 2016, et déjà présent en 2015, s’est transformé en jardin privé.

L’espace vert du lot Robespierre, qui avait été envisagé comme un square public sera finalement transformé en jardin privé en coeur d’îlot. Une évolution de projet qui s’est déroulée au compte goutte mais dont le résultat est sans appel : à date, il n’y a plus d’espace vert public dans le lot Robespierre.

Le 20 mai 2016 le scénario approfondi par l’architecte coordonnateur proposait :

> « Espace libre correspondant à 40% de la parcelle avec un square public en coeur d’îlot de 285m2″. Ce n’était pas grandiose mais cela avait le mérite d’exister. Aujourd’hui tout cela a été balayé d’un revers de main et cet espace requalifié en « privé ». Si le projet a pu évoluer, avec le retrait de parcelles qui ont fait l’objet de rénovation par les propriétaires, cet espace vert, précisément, aurait très bien pu être préservé en accès public plutôt que d’être réservé à quelques privilégiés.

Nous nous interrogeons sur ce changement de destination au profit du projet de Vilogia qui pilotera l’aménagement du « lot Robespierre ».

Nous nous interrogeons également sur les velléités de Vilogia qui a obtenu les coordonnées téléphoniques personnelles de propriétaires jouxtant le périmètre, pour les relancer sur des offres d’achat. Nous en concluons que Vilogia continue à « prospecter » et que, par conséquent, le projet présenté n’en est peut-être pas à sa phase finale ? Quelques éclaircissements seraient bienvenus.

> LOT ETIENNE MARCEL

Le fameux « jardin partagé » du Chêne a été réduit à un mouchoir de poche et coincé entre deux bâtisses. Il est, de surcroit, situé à deux immeubles de la rue. Il nous avait pourtant été bien dit que cet arbre classé « remarquable », associé au projet de Jardin partagé, devait être mis en valeur, accessible et bien visible. C’est une des richesses de notre quartier et désormais, seuls les habitants en cœur d’îlot, en jouiront pleinement. C’est un renoncement majeur qui démontre le peu d’ambition vis à vis des espaces verts publics.

D’ailleurs, forte de ce constat, l’association du Chêne s’est déjà réinstallée dans un très bel espace côté Montreuil, une municipalité qui a parfaitement compris l’avantage d’accueillir une association dynamique qui a déjà prouvé sa capacité à créer du lien social.

Comme l’a précisé l’un des membres de l’association à qui nous avons parlé : « l’espace prévu autour du chêne ne permet pas de pérenniser l’action que nous avions portée. À ce stade c’est un « jardin de quelques copains », pas une initiative collective et publique qui peut rayonner sur le quartier ».

Je ne sais pas si Est Ensemble, la Ville de Bagnolet et la Soreqa fourniront les téléscopes pour admirer ce chêne Remarquable de la rue, mais clairement cette « promesse » ne sera pas tenue et les envolées de l’architecte, comparant les « vues de ruelles » de Bagnolet à celle de Venise la sérénissime étaient risibles.

> LOT FERRY

Un square est prévu… enfin ! Mais ne nous emballons pas trop vite… car à y regarder de plus près l’espace commun qui est attribué au projet PNRQAD est de 300m2… Une misère pour un quartier qui compte plus de 4500 habitants et accueille un nombre toujours plus important de familles. On nous explique que ce jardin public vient remplacer celui qui a disparu côté Lot Robespierre. Pourquoi un tel manque d’ambition et pourquoi ne pas avoir simplement choisi de garder dans le Lot Robespierre un accès pour tous ? Cela n’aurait RIEN changé aux surfaces sur les plans et cela aurait offert un poumon vert public de proximité supplémentaire.

Nous pouvons conclure qu’aux portes de paris, à 200m du périphérique… quand la puissance publique décide d’intervenir à coups de millions d’euros d’argent public pour rénover nos quartiers, alors que la Municipalité communique à tout va sur son amour des « espaces verts » dans le dernier Bajomag, nous sommes gratifiés d’un espace de … 300 M2.

En « contrepartie », on nous présente le projet d’évolution de l’entrée arborée du Collège Politzer comme pouvant être utilisé comme un « espace public ». Pendant que l’on déshabille les espaces verts municipaux, on nous promet donc de nous offrir des espaces qui n’appartiennent pas à la Ville… Démarche intéressante mais non satisfaisante pour diverses raisons. La signature d’une convention d’utilisation avec le Conseil Général ne nous met pas à l’abri de changement sur ce terrain. Le jour où le Collège ou le CG décideront de récupérer cet espace dont ils ont juridiquement le plein usage, nous n’aurons pas grand chose à redire que de nous soumettre à l’état de droit. Quand ce jour sera arrivé, nous n’aurons donc plus que les 300m3 de Ferry pour nous entasser à la sortie de l’école. D’autre part, il va falloir faire preuve d’une volonté politique sans faille pour obtenir la sécurité et l’environnement serein qu’attendent les riverains. Ce n’est pas pour rien que quasiment personne ne vient jouir de ce lieu qui est déjà ouvert au public.

La présentation qui nous a donc été soumise le 4 octobre nous a amené à un constat assez triste : les espaces verts publics seront réduits à une peau de chagrin. Deux minuscules « jardins partagés » en cœur d’îlot qui relèvent plus du prétexte que d’une véritable volonté politique ambitieuse sur le sujet. Un square de 300m3 avec un arbre au centre, en bas de la rue Victor Hugo, qui constitue tout de même un poumon vert plus qu’insatisfaisant, notamment au regard des 4500 habitants et de la typologie très « familiale » de notre quartier.

Pour information, le dernier chiffrage de transfert voté au Conseil municipal (calcul une fois toutes dépenses et recettes subventions prises en compte) affiche un déficit envisagé de 7 884 016 euros, dont 3 342 008 euros à payer par la ville de Bagnolet. Nous estimons qu’à cette hauteur d’investissement de fonds publics (budget total estimé aux alentours de 15 millions d’euros), une exigence plus importante sur les espaces verts publics était impérative.

Aujourd’hui les attentes et les besoins sont réels et déjà présents : au jardin Ephémère de la rue Victor Hugo, ce sont des dizaines de familles qui se retrouvent après l’école, les WE et à chaque moment de la journée. Il y a une véritable mixité, tant générationnelle que sociale. C’est un poumon vert qui a vu également de beaux projets communs se créer. Il est très regrettable que les acteurs qui dirigent le PNRQAD n’aient pas compris qu’il faut préserver et chérir tout ce qui peut dynamiser humainement nos territoires. Quand cette question a été soulevée par Marion Siccardi, active présidente du jardin, la réponse de l’élu au PNRQAD a été simplement surréaliste, voire carrément méprisante : « Mais invitez-vous chez vos nouveaux amis qui auront des terrasses ». Une réponse à la hauteur du déni d’espaces verts publics de notre quartier.

En résumé, question « Espaces verts publics », le compte n’y est pas. Nous attendons que le projet PNRQAD puisse proposer un aménagement offrant une réelle place aux espaces verts publics pour les riverains des Coutures.

 

2 comments

  1. chancé

    j’ai laissé un voeu pieux en ce sens sur le cahier de l’enquête publique proposant de rattacher le commerce RDC angle FERRY et Etienne Marcel au jardin de 300m2. une paille!

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